Françoise Bourquin - Le château de la folie

Dans le Haut-Jura, près du village de Foncine, on peut apercevoir les ruines recouvertes de mousse d'une ancienne bâtisse, jadis imposante, témoin séculaire des générations qui s'y sont succédées.

L'obsession des souvenirs peut conduire à la folie. Pierre, qui s'acharne à les oublier et à s'élever toujours plus haut face à l'adversité, a redressé de ses mains les pierres du Chatelet, demeure situé sur un rocher surplombant le village de Foncine-le-Bas, et lui a redonné son faste d'autrefois. Enfermé dans sa tour, au prise avec ses pensées qu'il rumine, il tente de réduire au silence ses regrets et son chagrin, superposant ses souvenirs à ceux du lieu et joignant sa légende à celle non moins sinistre de ces prédécesseurs. Seul dans sa forteresse, il alimente les rumeurs des habitants de Foncine, ses anciens camarades de classe, témoins une fois de plus de sa chute, se remémorant la tragédie survenue dix ans plus tôt, à la mort de son fils Philippe. Tandis qu'au village on se prépare à célébrer le réveillon de Noël, une tempête se lève, réveillant avec elle le tumulte des souvenirs et le flot des vieilles angoisses.

 

 
              Genre : Roman

Auteur : Françoise Bourquin

Editeur : Éditions Gunten

Lien vers les Éditions Gunten

Langue : Français

Date de publication : 01/09/2012

Format : 14 × 21

Nombre de pages : 280 pages

                                                                                           

 

 

C'est dans un environnement au climat rude, ayant façonné le caractère des hommes de la montagne, que Françoise Bourquin raconte une histoire ancré dans les mémoires jurassiennes. Celle d'un enfant victime de la pauvreté, un enfant plus fragile face à l'environnement qui l'entoure, rêvant de soleil et d'exotisme, doté néanmoins d'un caractère fort, exclu pour être différent, victime sutout de la haine qui l'habite. La haine envers la maison de son enfance, morne et dépouillée de tout « Tu n'étais pas seulement moche avec tes façades de tôles rouillées, tes longs murs fissurés, gris et sans joie, l'étable dégueulant de fumier, que la pluie étalait jusque devant la porte d'entrée, non tu affichais les stigmates de la pauvreté sans aucune gêne ». Une bâtisse délabrée qui fait honte, dans laquelle le froid de la montagne s'engouffre, indifférent à la misère des hommes « Pas étonnant que les petits ils toussaient tout l'hiver. Comment as-tu fait pour en arriver là ? Je nous revois, nous les enfants, resserrés les uns contre les autres à la recherche d'un peu de chaleur [...] et nous on t'acceptait comme tu étais. Bien obligés. » La rancœur aussi, envers un père qui, noyé dans son verre d'alcool, se désintéresse de tout ce qui l'entoure et envers une mère qu'il aurait voulu plus proche de lui, résignée face à un quotidien de dur labeur et de peu de récompenses, resté une étrangère envers son fils, cachant ses sentiments pensant ainsi en faire un homme. « Droit le dos ! »,  résonnera encore longtemps dans la mémoire de Pierre. Plus encore, les remontrances du maître d'école, qui chaque jour prend plaisir à l'humilier, accompagné par les railleries des camarades de Pierre. Ce dernier rage intérieurement mais ne trouve pas le courage de se révolter contre les brimades. Aussi attend-il son heure, quand enfin il pourra s'élever au-dessus de tous « Un jour je serai grand, bien plus grand que vous tous réunis, marmonne t-il et ce jour-là, vous apprendrez à connaître le « pauvre » Pierre, le « vilain petit canard ». Croix de bois, croix de fer...».

Ne s'étant jamais pardonné d'avoir été cet enfant-là, Pierre Vallet aura sa vie durant, cherché reconnaissance et richesse matérielle, délaissant ainsi son rôle d'époux et de père. Il pense avoir atteint son but, mais la réalité, qui le rattrape tel un sortilège, vient sans cesse railler les valeurs qu'il poursuit et mettre à mal la réussite illusoire du monde dans lequel il vit. Les orages se succèdent, les destins se répètent. La foudre frappe au même endroit, faisant résonner avec elle l'échos incessant des remords jamais ensevelis. Pierre finira t'il par faire la paix avec le passé et accepter la vie avec ce qu'elle offre de plus simple et de plus humain ?

Extrait : « Les images du passé l'assaillaient sans pitié. L'enfant en lui était toujours à « la Reculée », vieille bâtisse perdue à quelques kilomètres de là. Emprisonné en lui, cet enfant-là ne l'avait jamais quitté [...] La vie passant l'avait réduit au silence, mais il n'était pas mort et guettait toutes les occasions de se manifester. La clé se trouvait là, en son centre, tapie comme une ennemie, prête à jaillir, comme ce soir, pour bien montrer que rien ne se perd, que toutes nos pensées, toutes nos actions s'assemblent, forment une trame pour guider notre parcours ».

Avis : Plus qu'un roman de terroir, Le Château de la folie, second ouvrage de Françoise Bourquin, reprend le thème autobiographique du deuil parental, au travers des personnages de Pierre et de Victoire, la mère de Philippe, que Pierre à rejeté en même temps que son fils.
L'opposition entre les pères orphelins que sont Pierre et l'ancien seigneur du château dans lequel il vit, et qui par le passé a lui aussi perdu son fils unique dans des circonstances tragiques (fait-divers qui inspira Françoise Bourquin), dans laquelle les deux protagonistes propriétaires du Chatelet se détruisent dans la solitude et la mégalomanie afin de narguer le destin, et Victoire, plus proche de la nature, à la recherche de sa vérité, prend patiemment conscience que la présence de son fils continuera de la guider tout au long de sa vie. Et c'est d'une plume sincère et enragée, que Françoise Bourquin fait évoluer ses personnages sur le chemin de la lumière et du pardon. Avec en toile de fond, le Haut-Jura, incarnation à part entière, ennemi de Pierre contre lequel il se bat en même temps que les fantômes de son enfance. Pourtant, cet environnement sauvage, l'enfant qu'a été Pierre avait appris à l'aimer et ce territoire de glace et de forêts était devenu pour lui, un refuge secret. Un amour qui, lui aussi, ne demande qu'à refaire surface.

Le Château de la Folie à fait l'objet d'articles pour le Progrès, la voix du Jura et le Journal de Saône et Loire (jsl)

Lire une interview de Françoise Bourquin

Le Chatelet, photographie prise en 1906.
Source : http://foncinelebas.free.fr

Pour découvrir la véritable histoire du Chatelet, cliquez ici

 

Mots-clés: livre, littérature, littérature française, françoise bourquin , le chateau de la folie, éditions gunten, revue littéraire

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