RDC : Moise Katumbi veut fédérer

Il a annoncé une réunion prochaine entre le président Tshisekedi et les opposants, dont Martin Fayulu qui revendique toujours la victoire à la présidentielle du 30 décembre 2018.



Le chef de file de l'opposition congolaise, Moise Katumbi, a annoncé mercredi, la tenue prochaine d’une réunion entre président Felix Tshisekedi et les opposants dans la capitale Kinshasa, près de cinq mois après l'élection présidentielle dont la victoire est toujours revendiquée par Martin Fayulu.

Au cours de cette rencontre, dont la date n'a pas encore été annoncée, "il sera question de mettre les deux frères (Felix Tshisekedi et Martin Fayulu) ensemble", a déclaré, au cours d'une conférence de presse à Lubumbashi (sud-est), Moise Katumbi, président de la coalition Lamuka, qui réunit tous les leaders de l'opposition congolaise.

"Nous partirons ensemble, avec mon frère Martin, avec Jean-Pierre Bemba et tous les autres pour donner notre point de vue. Ce ne sera pas pendant la nuit", a ajouté Katumbi.

Fayulu et Tshisekedi "sont des frères. Nous ne sommes pas des ennemis (...) nous allons trouver une solution", a ajouté Katumbi, fraîchement revenu après trois ans d'exil en Belgique.

Il a nuancé que "mettre les deux personnes ensemble ne veut pas dire entrer au gouvernement".

"Nous pouvons être du côté de l’opposition et faire avancer le pays", a déclaré Katumbi, rejetant l'éventualité d'intégrer le gouvernement qui sera formé par le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, nommé lundi sur base d'un accord de coalition conclu avec l'ex-président Joseph Kabila.

Moise Katumbi qui se passe des revendications post-électorales de Martin Fayulu, a affirmé qu'il ne veut "pas vivre dans le radicalisme".

Il entend par opposition républicaine : "critiquer là où il faut critiquer et encourager là où il le faut".

Contacté par Anadolu, Martin Fayulu a refusé de réagir aux déclarations de Katumbi.

Martin Fayulu a récemment appelé Tshisekedi à se séparer de Kabila et à démissionner de ses fonctions de président de la République.

La démarche de Katumbi, intervient dans un contexte marqué par un certain changement au niveau de la position des pays occidentaux, qui avaient tout d’abord critiqué les résultats des élections du 30 décembre, mais qui ont fini par être résolus à encourager la nouvelle expérience démocratique en RDC, qui connaît une passation pacifique du pouvoir pour la première fois dans son histoire.

La dernière illustration en date est livrée par la diplomatie française qui a exprimé sa volonté de coopérer avec la RDC.

En visite lundi à Kinshasa, le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian qui qui avait contesté la victoire de Tshisekedi, en affirmant en janvier dernier que la présidentielle du 30 décembre 2018 s’était "achevée, finalement, par une espèce de compromis à l'africaine", a fait un revirement total.

Apres un tête-à-tête avec Tshisekedi, lundi à Kinshasa le diplomate français a salué une "alternance qui est effective" et qui "se concrétise aussi par des actes".

Pour rappel, la RDC avait connu un cycle mouvementé aussi bien à l'intérieur qu'à l'égard de la communauté internationale.

Après l'ajournement des élections en 2016, les relations diplomatiques de la RDC avec l'occident étaient tendues et, au niveau interne, plusieurs manifestations appelant au départ de Joseph Kabila avaient été réprimées dans le sang.

Mais depuis les élections du 30 décembre, les temps ont l'air de changer.

 

 

Pascal Mulegwa, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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Mots-clés: République Démocratique du Congo - RDC, moise katumbi

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