Cameroun : pénurie de carburant dans le Nord-ouest anglophone

Publié par Peter Kum, Lassaad Ben Ahmed le . Publié dans Actualité Afrique

Depuis lundi, la région anglophone du Nord-ouest du Cameroun accuse un déficit en approvisionnement, dû à une grève des chauffeurs de camion-citerne qui craignent les attaques des groupes armés séparatistes.



Dans la région du Nord-ouest du Cameroun, la plupart des stations-services sont désertes et en arrêt d’activité. Quelques-unes d’entre-elles sont débordées de clients parce qu’elles disposent encore des produits pétroliers, a constaté le correspondant d’Anadolu d’après des témoins oculaires.

Face à cette pénurie, les automobilistes se ruent vers les dernières stations encore en mesure d’offrir des services.

« J'ai patienté une heure pour avoir du carburant à Bamenda. Mais avant, je suis passé par deux stations sur le boulevard de la place des fêtes. La longueur des files d’attente m’a découragé », confie à Anadolu Mbah John, conducteur de taxi à Bamenda, chef-lieu de la région Nord-Ouest.

Ce calvaire qui persiste, Bangwei Peter l’a aussi vécu.

« Parti d’Up Station, mardi matin, j’ai parcouru toutes les stations de la ville de Bamenda jusqu’au Nkwen Street. Je me suis rendu au Hospital Round-About en passant par le commissariat central. Dans tout le secteur, les stations étaient envahies. C’est finalement à la sortie de la ville que j’ai eu de l’essence », se félicite le conducteur d’une ambulance de l’hôpital régional.

D’après Tiku Patrick, gestionnaire d’une station-service, cette pénurie est due au mouvement d’humeur des propriétaires des station-service et des conducteurs de camion-citerne.

« Dimanche, des sécessionnistes ont attaqué deux citernes qui transportaient du carburant pour Bamenda. Les deux camions ont été incendiés et les conducteurs molestés. Ces derniers ne veulent plus affronter le danger », souligne Tiku.

Face à cette situation qui n’est pas faite pour arranger les automobilistes et qui ralentira, à coup sûr, les activités économiques, le gouverneur du Nord-ouest, Adolphe Lélé Lafrique a pris certaines mesures.

« J’ai entamé des discussions avec les chauffeurs de camion-citerne et les principaux acteurs du secteur. Nous envisagerons de mettre l’armée à contribution. Les camions citernes seront escortés désormais par des éléments de l’armée», explique le gouverneur.

Pour rappel, des groupes armés séparatistes avaient lancé des attaques à l’entrée de la ville de Bamenda, en fin de semaine.

« La route reliant l’Ouest au Nord-ouest a été coupée, deux camions citernes ont été incendiés, des voyageurs dépouillés de leurs biens et des pylônes électriques sabotés », selon le gouverneur de la région.

Depuis, la région est plongée dans le noir et les activités tournent au ralenti faute d’électricité.


 

 

Peter Kum, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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Mots-clés: Cameroun, crise anglophone

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