Cameroun/Grand dialogue national : l’opposition et la société civile insistent sur le fédéralisme

Le "Grand dialogue national" sur la crise anglophone, qui se déroule du 30 septembre au 4 octobre à Yaoundé, a été marqué au cours des deux premiers jours par un appel au fédéralisme comme nouvelle forme de l'Etat.

 

Le fédéralisme a été évoqué par plusieurs délégués présents au « Grand dialogue national », comme solution à la crise anglophone qui sévit dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun depuis trois ans, a constaté le correspondant d’Anadolu à Yaoundé.

« Les personnes qui ont pris les armes pour créer un Etat indépendant dans les régions anglophones, ne peuvent revenir à la raison si seulement la forme de l’Etat, donc le fédéralisme, est appliqué », a indiqué, à la commission de la décentralisation, Agbor Nkongho, président du consortium anglophone.

« Nous ne pouvons pas quitter cette salle sans évoquer la forme de l’Etat. Depuis lundi, je reçois des messages venant des séparatistes insistant qu’ils veulent le fédéralisme. La solution à cette crise est aussi simple que cela », a souligné Agbor Nkongho.

Le Premier ministre Joseph Dion Ngute, qui préside ce débat, a tenté de recadrer le propos du président du consortium anglophone pour le remettre sur les rails définis par le président camerounais, Paul Biya.

« Le Président nous a demandé de débattre sur la décentralisation et non sur la forme de l’Etat. La décentralisation est le transfert de l’autorité et des ressources du pouvoir central aux communautés. C’est une garantie pour notre stabilité, pour la paix et l’unité du Cameroun », a relevé le Premier ministre.

La deuxième journée du dialogue national a été également marquée par le départ de certains leaders politiques de l’opposition dont Akere Muna, président du Mouvement NOW, Kah Walla, présidente de Cameroon's People Party et Alice Sadio, présidence de l'Alliance des forces progressistes.

« Ce qui se passe au grand dialogue national dont l’organisation a été confiée à Dion Ngute, relève de l’inédit. Le PM nomme qui il veut dans les différentes commissions et choisit à qui il veut donner la parole. Je ne sais pas ce que je fais ici. Cela ressemble à un congrès du parti au pouvoir », a regretté sur Twitter et Facebook, l’homme politique Célestin Bedzigui, président du Parti de l’Alliance Libérale (PAL).

Akere Muna qui a claqué la porte dès l’ouverture des travaux lundi, n’est pas satisfait lui-aussi de la conduite de cet événement tant attendu au Cameroun.

«Les discussions du dialogue national ont repris en plénière. Je suis un peu inquiet que tous les membres du bureau aient été cooptés sans aucune contribution des participants qui ont été appelés à applaudir. Les orateurs sont sur une liste préparée. Avec la promesse de faire parler les autres », avait souligné le candidat à la dernière présidentielle.

Entre espoir et scepticisme, le dialogue va se poursuivre jusqu’à vendredi en l’absence de son initiateur Paul Biya et les principaux chefs séparatistes anglophones.

 

 

Peter Kum, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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Mots-clés: Cameroun, crise anglophone, Dialogue National, Grand dialogue national, cameroun fédéralisme

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