Le Premier ministre grec à Chypre Sud : Tensions en mer, espoir sur terre

Le Premier ministre grec à Chypre Sud : Tensions en mer, espoir sur terre !

 

Le traditionnel premier voyage du chef du gouvernement grec dans la partie australe de l'île intervient dans le cadre de tensions géopolitiques dans la région, notamment en ce qui concerne les droits d'exploration des ressources naturelles de la Méditerranée orientale.

 

Le nouveau premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis a été chaleureusement accueilli par le chef de l’administration chypriote grecque, Nicos Anastasiades, lundi au démarrage de sa visite de travail de deux jours.

Après que les deux dirigeants sont arrivés au palais présidentiel, Anastasiades a rappelé que la première visite à l'étranger du nouveau Premier ministre grec effectuée dans la partie chypriote grecque témoignait des relations étroites entre les deux États.

"Cela montre votre décision personnelle de poursuivre cette collaboration très étroite", a déclaré Anastasiades.

"Ce n'est pas simplement un voyage symbolique, c'est un voyage de fond", a souligné Mitsotakis, qui est devenu premier ministre de la Grèce après des élections anticipées tenues plus tôt ce mois-ci.

Les deux pays "ensemble et unis, font toujours [peuvent toujours faire] face à des défis [plus] importants dans cette grande région", a-t-il ajouté.

Quand la Grèce sera forte, la partie chypriote grecque le sera aussi, a ajouté le Premier ministre.

 

Un contexte tumultueux

Le traditionnel premier voyage du chef du gouvernement grec dans la partie australe de l'île intervient dans le cadre de tensions géopolitiques dans la région, notamment en ce qui concerne les droits d'exploration des ressources naturelles de la Méditerranée orientale.

La Turquie a envoyé deux navires à la recherche de ressources sous-marines en réactions aux activités unilatérales de la part du gouvernement chypriote grec.

La Turquie conteste les forages unilatéraux de l’administration chypriote grecque en Méditerranée orientale, soulignant que la République Turque de Chypre du Nord (RTCN) a également des droits sur les ressources des zones maritimes exclusives de l'Île.

En 1974, à la suite d’un coup d'État visant à l'annexion de Chypre par la Grèce, Ankara a dû intervenir en tant que puissance garante selon les traités internationaux. En 1983, la RTCN a été fondée. Son premier président fut Rauf Denktas.

Les décennies qui ont suivi ont vu plusieurs tentatives de résolution du conflit chypriote, qui se sont toutes soldées par un échec.

Le plan Annan, également connu sous le nom de plan de réunification de Chypre, était une proposition des Nations Unies visant à résoudre le différend de Chypre.

Les différentes parties de la proposition reposaient sur les arguments avancés par chaque partie (Chypriotes turcs et Chypriotes grecs) lors de négociations bilatérales tenues sous les auspices de l'ONU.

La proposition visait à restructurer la République de Chypre en "République unie de Chypre" en tant que fédération de deux États.

Ce fameux plan a été négocié par les dirigeants des deux parties de l'île et révisé à plusieurs reprises avant d'être soumis à la population chypriote lors d'un référendum de 2004 et a été approuvé par 65% des Chypriotes turcs, mais seulement 24% des Chypriotes grecs. La partie chypriote grecque de l'île a, néanmoins intégré l'Union Européenne (UE) en tant que «République de Chypre » ou « Chypre » alors que la RTCN n'est toujours pas reconnue, ni par l'UE, ni par sa voisine hellénophone.

La dernière tentative en date de résolution du conflit chypriote, organisée avec la participation des pays garants - la Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni - s'est achevée sans réussite majeure en 2017 à Crans-Montana, en Suisse.

 

 

Des déclarations du Premier ministre grec critiquées par le ministre chypriote turc des Affaires étrangères

Kudret Ozersay rappelle que l'armée turque est présente à Chypre en raison du coup d'État et de la tentative d'invasion de Chypre par la Grèce.

Le ministre chypriote des Affaires étrangères a déclaré lundi que le Premier ministre grec ne devrait pas oublier que la présence militaire turque à Chypre est due à un coup d'État et à une tentative d'invasion de la Grèce sur l'île.

Les propos d'Ozersay ont suivi les déclarations du premier ministre grec nouvellement élu, Kyriakos Mitsotakis, ciblant la présence de l'armée turque sur l'île, alors qu'il effectue une visite de travail de deux jours dans le secteur chypriote grec lors de sa première visite à l'étranger.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec le dirigeant chypriote grec, Nicos Anastasiades, lundi, Mitsotakis a déclaré qu'il n'y aurait pas de solution au problème de Chypre tant que les forces militaires turques resteraient sur l'île.

En réponse à Mitsotakis, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la République Turque de Chypre-Nord, Kudret Ozersay, a déclaré que ces propos de Mitsotakis étaient "très regrettables".

"La présence de l'armée turque ici est le résultat et le résultat du coup d'Etat et de la tentative d'invasion de la Grèce. Je lui suggère [Mitsotakis] de ne jamais oublier ce fait", a souligné Özersay.

 

 

Le Premier ministre grec cherche à relancer courageusement ses relations avec la Turquie
Kyriakos Mitsotakis déclare qu'il faut du temps et l'instauration de la confiance pour les relations turco-grecques.

 

Le Premier ministre grec a déclaré lundi qu'il souhaitait un "redémarrage courageux" des relations bilatérales avec la Turquie.

"Mon objectif est de trouver les moyens d'un redémarrage courageux dans les relations gréco-turques", a déclaré Kyriakos Mitsotakis à la presse lors de sa visite à l'administration chypriote grecque, selon les médias grecs.

Cependant, Mitsotakis a souligné que les progrès en direction de cet objectif doivent s'effectuer "pas à pas" et que cela nécessite du temps et de renforcer la confiance, a rapporté le journal «To Vima».

 

 

Côté turc, la méfiance et l'espoir se côtoient

Alors que le président turc, Recep Tayyip Erdogan rappelle qu'aucune compromission ne sera faite sur les droits des Chypriotes turcs, et que le vice-président critique l'attitude européenne,  le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu félicite son nouvel homologue grec et souligne l'amitié qui le lie à ce dernier.

 

 

 

Ümit Dönmez, Fatih Hafız Mehmet, Magda Panoutsopoulou, Muhammet Ikbal Arslan, Marc Chenault, Metin Semiz, Gökçe Cansunar

 

Photographie : Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis

Archive, Agence Anadolu

 

 


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