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La Turquie attend de ses alliés de l'OTAN un signe sincère de solidarité

"Nous continuerons à apporter notre contribution, mais nous nous attendons également à un soutien sur nos préoccupations", a déclaré le directeur de la communication de la présidence de Turquie.

 

La Turquie n’a pas reçu le soutien attendu de l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN), a déclaré lundi le directeur de la communication du pays.

"La Turquie n'a pas reçu le genre de soutien solide qu'elle attendait de l'OTAN ces dernières années", a déploré Fahrettin Altun sur Twitter.

«Malgré cela, la Turquie a contribué à diverses missions de l'OTAN avec sa deuxième armée en importance dans l'organisation. Nous continuerons à contribuer, mais nous nous attendons également à ce que nous soyons soutenus quant à nos préoccupations », a ajouté Altun.

Notant que l'OTAN se préparait pour un sommet les 3 et 4 décembre, Altun a déclaré: "Alors que les menaces à notre sécurité se sont multipliées ces dernières années, la Turquie est prête à aider à mener un dialogue stratégique".

Altun a poursuivi en affirmant que la Turquie attendait une stratégie de sécurité commune qui soutienne activement ses préoccupations en matière de sécurité «en échange de son engagement et de sa contribution à l'OTAN».

"L'OTAN ne peut faire face aux menaces qui pèsent sur l'Alliance et ses États membres qu'avec de la clarté sur la nature de ces menaces", a-t-il ajouté.

«La sécurité collective est le pilier le plus important de la stabilité en temps de paix et de sécurité en temps de guerre. L'incapacité à reconnaître de manière adéquate les perceptions de menace légitimes et les préoccupations de sécurité des États membres affaiblira l'alliance et rendra l'OTAN moins crédible », a conclu Altun.

 

Soutien de pays membres de l'OTAN au groupe terroriste PKK

Plusieurs pays membres l'organisation de défense militaire mutuelle sont dans une situation diplomatique conflictuelle concernant la stratégie à adopter en Syrie pour vaincre le terrorisme.

Les États-Unis et la France ont, ces dernières années, dans le nord-est syrien particulièrement, apporté un soutien infatigable aux YPG, branche militaire syrienne du groupe terroriste PKK, dans la lutte contre un autre groupe terroriste, Daech. Cela a provoqué la colère de la Turquie, pays frontalier de la Syrie, membre de la coalition contre Daech du premier jour, et directement concerné par les attaques meurtrières de ce groupe terroriste sur son territoire.

Tout en étant d'accord sur la nécessité de vaincre le groupe terroriste Daech, la Turquie a aussi rappelé qu'il fallait également combattre les facteurs rendant propices et profitables l'existence et la croissance du terrorisme, à commencer par la situation de guerre civile ayant mené au déplacement forcé de millions de Syriens, à la mort de plusieurs centaines de milliers de civils sous les bombardements des forces pro-Assad, de la Russie et des États-Unis dans leur luttes contre l'oppostion ou le terrorisme, ainsi qu'à la fuite hors du pays de millions de Syriens devenus réfugiés dans les pays voisins et aussi, à moindre mesure, dans l'Union Européene.

La Turquie accueille notamment 4,2 millions de personnes réfugiées, dont 3,7 millions de réfugiés syriens, sur son territoire.

La Turquie a, dès 2014, proposé à l'alliance militaire occidentale d'établir une zone de sécurité au nord de la Syrie afin d'y accueillir les déplacés forcés et le réfugiés syriens, et leur donner une opportunité de vivre dans la paix et la sécurité face à la menace et aux risques que leur posaient les divers acteurs nationaux et étrangers dans cette guerre en Syrie, parmi lesquels figuraient déjà les groupes terroristes Daech et PKK/YPG/PYD, tous deux coupables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, documentés par des organisations non gouvernementales internationales telles que Amnesty International et Human Rights Watch (HRW).

Ayant essuyé un refus de ses alliés dans ses propostions de zone sécurisée, mais ausssi d'envoyer des troupes au sol en Syrie pour vaincre le groupe terroriste Daech, la Turquie, pays frontalier de la Syrie, a décidé de mener au total trois opérations antiterroristes transfrontalières dans le nord de la Syrie face à la sérieuse menace que lui posaient les deux groupes terroristes, Daech et YPG / PKK.

En effet, particulièrement durant les années 2015 et 2016, la Turquie a subi plusieurs centaines d'attaques terroristes sur son territoire contre les civils et les forces de sécurité, et une dizaine d'attentats majeurs du PKK/PYD/YPG et de Daech ayant tué des centaines de civils et blessé des milliers d'autres.

L'écrasante majorité des attaques terroristes sur le territoire turc étaient soient planifiées en Syrie, soient opérées par des terroristes basés dans le pays en proie à la guerre. Une autre partie de ces attaques trouvaient leurs sources dans le nord de l'Irak, où est également basé le PKK, et où la Turquie continue de mener des opérations antiterroristes, dont les récentes opérations "Griffes"

Alors que la Turquie subissait les attaques récurrentes de Daech, et était le seul pays à combattre sur le sol syrien, les combattants de ce groupe terroriste, dans de nombreux médias mainstream européens, américains, russes (avec qui la Turquie étaient en conflit sur l'avion russe abattu dans la zone aérienne turque), ainsi que du Golfe, la "Turquie d'Erdogan" était dépeinte comme un soutien de Daech et du radicalisme religieux.

Ces médias construisaient (ou continuaient d'entretenir) également une deuxième fiction dans la conscience collective de la communauté internationale : celle d'une guerre entre les Kurdes et les Turcs.

Occultant les liens historiques, culturels, familiaux, politiques... tissés entre ces peuples, ainsi que les droits et libertés fondamentales dont jouissent les Kurdes en Turquie, ces acteurs de la presse mondiale, peu ou mal informés sur le peuple kurde riche par sa diversité, présentaient la branche syrienne du PKK, un groupe internationalement identifié comme terroriste, comme le parti de la liberté luttant pour la démocratie face à l'obscurantisme de Daech prétendument soutenu par la Turquie d'Erdogan.

Ce faisant, ces journalistes, occultaient également le fait qu'ils participaient activement par leurs mensonges à renforcer l'hégémonie du groupe terroriste PKK/YPG/PYD dans le nord-est syrien, tout en réduisant la diversité des partis et représentant kurdes syriens au silence face au diktat des YPG. En voulant ou prétendant défendre la démocratie, la presse dite libre et libertaire soutenait -et soutient encore- la dictature d'un parti (par ailleurs reconnu comme terroriste) sur le nord et le nord-est de la Syrie.

Alors que la Turquie cherchait à établir une paix durable dans le processus d'Astana, visant à mettre autour d'une table tous les acteurs politiques syriens pour aboutir à la paix et la transition démocratique du pouvoir, sous l'auspice de l'ONU et l'intermédiaire des pays garants (Russie, Iran, Turquie), les États-Unis ont décidé d'ouvertement soutenir le groupe terroriste YPG/PKK/PYD  dans la "lutte contre Daech".

Avec la médiatisation monolithique et mensongère de la "cause kurde", des centaines de volontaires européens, américains et autres ont afflué vers la Syrie pour soutenir les YPG.

Les États-Unis et la France continuent de soutenir de façon financière, militaire et logistique ce groupe terroriste, dans le nord-est syrien, et ne prennent pas suffisamment en considération la menace sécuritaire qu'il fait peser sur la Turquie.

Le président américain Donald Trump, qui semble à l'écoute du président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait annoncé à la fin de 2018 un retrait quasi-immédiat des soldats américains de la Syrie, ce qui faisait également partie de son programme électoral à la présidentielle américaine de 2016. Cela voulait aussi dire la fin du soutien militaire direct au groupe terroriste YPG/PYD/PKK.

Les YPG ("Yekîneyên Parastina Gel", "Unités de protection du peuple") et le PYD ("Partiya Yekîtiya Demokrat, "Parti de l'union démocratique" sont des branches syriennes respectivement militaire et politique du groupe terroriste PKK ("Partiya Karkerên Kurdistan" : "Parti des travailleurs du Kurdistan"). Le PKK est répertorié comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union Européenne. Au cours de sa campagne terroriste de plusieurs décennies contre la Turquie, le PKK a tué plus de 40 000 personnes sur le seul territoire turc, dont 7 000 civils.

Face à la résistance au Congrès mais aussi parmi les alliés de l'Otan, dont le président français Emmanuel Macron, Trump n'avait pas réussi à mettre sa décision en application.

Il a récemment réussi a retirer une partie des soldats américains du territoire syrien mais essentiellement pour des raisons d'ordre constitutionnel, il n'a pas le pouvoir à lui seul de mettre fin à la totalité du soutien américain au groupe terroriste, ni l'intention affichée de convaincre le partenaire français d'en faire de même.

Tout en restant réaliste après des années de déception, la Turquie, lors de ce sommet, attend de ses aliés de l'OTAN, un gage de solidarité au sein de l'alliance qui peine à définir des objectifs stratégiques communs.

La Turquie cherchera également à s'assurer que ses partenaires otaniens tiendront leurs engagements de protection de l'espace aérien turc face aux menaces posées depuis la Syrie, alors que certains pays ont récemment annoncé le retrait de leurs systèmes de défense anti-aérienne.

Erdogan cherchera également, par ses discussions avec ses homologues, à contrecarrer les projets européens de sanctions contre la Turquie à propos du conflit diplomatique en Méditerranée orientale, sur le partage des ressources naturelles de la zone exclusive chypriote dans le respect des droits de toute la population de l'île, mais aussi sur le partage égalitaire des ressources du reste du Bassin levantin.

Le président turc voudra également désamorcer le problème opposant la Turquie aux États-Unis (particulièrement au Congrès américain) sur la question du système russe de défense anti-aérienne S-400 acheté par la Turquie, et de son exclusion du programme de construction de l'avion de chasse de cinquième génération, F-35.

 

 

 

 

 

Ümit Dönmez

Photographie : Archives, Agence Anadolu

 

 


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