Maison-Blanche: «Les Etats-Unis ne vont ni soutenir ni prendre part à l'opération de la Turquie en Syrie»

"La Turquie va lancer très prochainement une opération dans le nord de la Syrie qu’elle planifie depuis un certain temps", a déclaré Washington, suite à l'entretien téléphonique Trump-Erdogan de dimanche soir.

 

La Maison-Blanche a annoncé que les Etats-Unis ne vont ni soutenir ni prendre part à l'opération que la Turquie va lancer dans le nord de la Syrie.

Dans un communiqué, publié lundi matin, la Maison-Blanche est revenue sur l’entretien téléphonique Donald Trump-Recep Tayyip Erdogan de dimanche soir.

Il est rappelé que les présidents américain et turc ont discuté, lors de cet échange, de l’opération que la Turquie planifie depuis un certain temps dans le nord de la Syrie.

"La Turquie va lancer très prochainement une opération dans le nord de la Syrie qu’elle planifie depuis un certain temps", a d’abord rappelé Washington.

Et de poursuivre : "Les forces armées américaines ne vont soutenir cette opération et ne vont pas y prendre part".

La Maison-Blanche a par ailleurs mentionné la lutte contre l’organisation terroriste Daech, soulignant que les forces américaines, "qui ont battu Daech", ne seront désormais plus "directement présents" dans cette région.

Washington a fait pression sur les gouvernements français, allemand et des autres pays européens pour qu’ils récupèrent leurs citoyens membres de Daech, sans succès.

"Les Etats-Unis ne pourront pas retenir ces personnes pendant de longues années. Désormais, la Turquie sera responsable des combattants de Daech que les Etats-Unis a arrêté et retenu ces deux dernières années dans la région", a conclu la Maison-Blanche.

 

Syrie: Les forces américaines ont entamé le retrait des régions proches de la frontière turque

Les forces militaires mobiles, qui utilisaient les positions militaires américaines dans la région de Tell Abyad et de Ras’al Aïn, dans le nord de la Syrie, ont commencé à se retirer.

En septembre 2014, les Etats-Unis sont intervenus en Syrie, en proie à la guerre, dans le cadre d’opérations aériennes contre l’organisation terroriste Daech.

Face à la menace croissante de Daech, les Etats-Unis se sont alliés au groupe terroriste YPG/PKK qu’ils ont utilisés comme "force terrestre" en Syrie.

Avec cet appui militaire et aérien des Etats-Unis, le YPG/PKK a commencé, dès 2015, à occuper certaines régions en Syrie, comme Kobané et Tell Abyad, dans le nord, à proximité de la frontière turque.

Les YPG ("Yekîneyên Parastina Gel", "Unités de protection du peuple") et le PYD ("Partiya Yekîtiya Demokrat, "Parti de l'union démocratique" sont des branches syriennes respectivement militaire et politique du groupe terroriste PKK ("Partiya Karkerên Kurdistan" : "Parti des travailleurs du Kurdistan"). Le PKK est répertorié comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union Européenne. Au cours de sa campagne terroriste de plusieurs décennies contre la Turquie, le PKK a tué plus de 40 000 personnes sur le seul territoire turc, dont 7 000 civils.

Malgré tous les avertissements d’Ankara, l’armée américaine a offert tous les moyens nécessaires au YPG/PKK pour se renforcer et s’étendre dans la région. Ainsi, dès 2015, le YPG/PKK est passé aussi à l’ouest de l’Euphrate.

A cette période, les Etats-Unis ont construit une base militaire à Rumeylan, dans la région de Hassaké. A partir d’avril 2016, des convois militaires et des transferts d’armes et munitions au YPG/PKK ont été réalisés vers cette région, par la route, depuis l’Irak, et par les airs, depuis Rumeylan.

Des milliers de camions remplis de matériels militaires ont ainsi été remis au YPG/PKK. En deux ans, le YPG/PKK s’est emparé de prêt d’un tiers de la Syrie.

Les Etats-Unis ont construit d’autres bases dans ces régions occupées par le YPG/PKK.

Dans 18 bases militaires se trouvant dans les régions de Hassaké, Raqqa, Deir ez-Zor, Manbij et Tell Abyad, les Etats-Unis comptent environ 2000 soldats.

Malgré l’annonce en octobre 2018 de Donald Trump de sa décision de retirer les soldats de son pays de Syrie, cette décision n’a jamais été mise en application.

- Les forces mobiles se retirent :

Les forces militaires mobiles, qui utilisaient les positions militaires américaines dans la région de Tell Abyad et de Ras’al Aïn, ont commencé à se retirer.

Le Chef de l’Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, qui s’est entretenu sur le sujet, dimanche soir par téléphone, avec son homologue américain Donald Trump, a confirmé, lundi matin, le début du retrait des forces américaines.

Lundi matin, la Maison-Blanche avait déclaré : "La Turquie va lancer très prochainement une opération dans le nord de la Syrie qu’elle planifie depuis un certain temps. Les forces armées américaines ne vont soutenir cette opération et ne vont pas y prendre part".

 

Syrie: Le YPG/PKK accuse les États-Unis d'agir de manière irresponsable «à l'est de l'Euphrate»

L'organisation terroriste YPG/PKK a fustigé les Etats-Unis les accusant de ne pas tenir leurs promesses en se retirant de l'est de l'Euphrate et en rendant la zone ouverte à l'opération de la Turquie.

Le soi-disant porte-parole du FDS (Forces Démocratiques Syriennes), où le YPG/PKK est fortement majoritaire, Mustafa Bali a diffusé, lundi, un message accusateur à l'encontre des Etats-Unis, sur son compte officiel Twitter.

"Malgré le mécanisme de sécurité, et la destruction des refuges, les forces américaines n'ont pas tenu leurs promesses, en permettant que la région devienne une zone de guerre, ils se sont retirés. Le SDG est déterminé à protéger le nord-est de la Syrie quelles qu'en soient les conséquences", lit-on dans le message.

- La menace Daech

Par ailleurs, une déclaration écrite a notamment été diffusée par les FDS dans laquelle il a été indiqué les Etats-Unis n'ont pas tenu leurs promesses et que ceci aura un "grand effet négatif" dans la lutte contre l'organisation terroriste Daech.

Lors des réunions de lutte contre Daech, les autorités américaines affirmaient que le nombre des éléments Daech et leurs familles, interpellés en Syrie, étaient d'environ 10 mille. Une partie de ces personnes sont emprisonnées dans le terrain pétrolier Al-Omar, à Deir-ez Zor, utilisé comme base par les forces américaines, tandis que le reste est emprisonné dans les prisons du YPG/PKK à Qamichli, Hassaké, El-Malikiye, Tabka et Raqqa.

 

 

Selen Temizer, Levent Tok, Dildar Baykan, Ayşe Betül Gedikoğlu, Tuncay Çakmak

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



Mots-clés: Turquie, Syrie, Trump, turquie états unis, états-unis syrie, pkk syrie, YPG / PYD USA, Euphrate, Le Président turc Recep Tayyip Erdogan, Maison Blanche, YPG, Zone de sécurité au nord de la Syrie, Zone sécurisée dans le nord de la Syrie, Est de l'Euphrate

Imprimer E-mail

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord. En savoir plus

J'ai compris

Un cookie est un petit morceau de texte envoyé sur votre navigateur par un site Web que vous visitez. Il aide le site à se rappeler des informations sur votre visite, comme votre langue préférée et d'autres paramètres. Cela peut rendre votre prochaine visite plus facile et le site plus utile pour vous. Les cookies jouent un rôle important. Sans eux, utiliser le web serait une expérience beaucoup plus frustrante.

S'inscrire à la Newsletter de actualite-news.com

  • [javascript protected email address]