Rohani: les États-Unis ont essayé de diviser la Syrie et cela est inacceptable

La Turquie, l'Iran et la Russie sont tous contre une intervention étrangère en Syrie et soutiennent son intégrité territoriale et sa structure unitaire

 

Photographie : Le président de la République de Turquie tient une conférence de presse avec le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine et le président de la République Islamique d'Iran Hassan Rohani, au palais présidentiel à Ankara après un sommet tripartie où la Guerre en Syrie a été le principal sujet des discussions, le lundi 16 septembre, en Turquie

Volkan Furuncu et Murat Kula / Agence Anadolu

Murat Çetinmühürdar, Service présidentiel de Presse de Turquie / Agence Anadolu

 

 

 

 

 

 

Les États-Unis ont essayé de diviser la Syrie et cela est inacceptable, a déclaré le Président iranien, Hassan Rohani.

Le chef de l'État iranien s'est exprimé lors du point de presse conjoint organisé au terme de la réunion tripartite sur la Syrie avec ses homologues russe, Vladimir Poutine, et turc, Recep Tayyip Erdogan, lundi dans la capitale turque Ankara.

Qualifiant la réunion d' "efficace et constructive", Rohani a déclaré qu'ils étaient tous contre une intervention étrangère en Syrie et pour son intégrité territoriale et sa structure unitaire.

"Mais les États-Unis ont soutenu les terroristes en Syrie et ont essayé de la diviser, ce qui est inacceptable pour nous, a-t-il affirmé. Les États-Unis contrôlent la zone de l'est de l'Euphrate où les terroristes sont déployés. Nous savons qui paient quels terroristes. Donc il faut lutter contre les terroristes à Idleb et aider le gouvernement syrien."

Rohani a aussi critiqué, dans ce cadre, la décision américaine de reconnaître le Golan comme territoire israélien.

"Les États-Unis ont offert une partie de la Syrie à un autre pays, même s'ils n'ont pas le droit à cela, a-t-il martelé. Cela démontre leur mauvaise volonté envers le peuple syrien."

Le Président a aussi dit que le comité constitutionnel syrien avait été formé et était prêt à travailler.

"La nouvelle Constitution syrienne doit tenir compte des opinions et intérêts de tous les citoyens syriens, a-t-il noté. Les trois pays [Turquie, Iran et Russie] et les Nations unies (ONU) doivent contribuer pour que le processus donne des résultats."

Il a également souligné l'importance du retour des réfugiés syriens à leur pays, et cela en "sécurisant d'abord la Syrie".

Quant à l'attaque perpétrée contre les sites pétroliers saoudiens Aramco, Rohani a dit que "c'est le résultat des attaques illégales contre le Yémen".

"Il faut demander pourquoi ils bombardent le Yémen chaque jour, a-t-il conclu. Le peuple yéménite recourt au droit de légitime défense contre les assaillants. Il faut cesser les attaques. Il faut une solution politique au Yémen. Le processus d'Astana peut servir d'exemple pour le Yémen, et une fois la sécurité assurée dans le pays, le pétrole pourra être produit et exporté de manière sécurisée aussi."

 

Erdogan annonce "la prise de décisions qui donneront de l'espoir à la Syrie"

 

Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a déclaré avoir pris des décisions qui donneront de l'espoir à la Syrie, avec ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani.

"Nous avons révisé notre travail pour assurer le calme sur le terrain, ainsi que sur les conditions nécessaires pour le retour des réfugiés, et les efforts pour une solution politique, a-t-il déclaré. Nous avons de nouveau confirmé notre sensibilité à maintenir l'intégrité territoriale et politique de la Syrie. Nous avons souligné le besoin de prendre des précautions concrètes pour assurer la sécurité des civils et du personnel militaire des pays garants sur le terrain."

Erdogan a insisté que son pays "ne peut pas garder le silence face à une éventuelle tragédie qui affectera quatre millions de gens, tout près de ses frontières".

Ainsi, il a insisté que "l'organisation terroriste PKK et sa branche YPG/PYD, constituent les plus grandes menaces à l'avenir de la Syrie".

"Nous avons insisté que le soutien apporté aux organisations terroristes sous prétexte de lutte contre Daech, est inacceptable, a-t-il souligné. Tant que le PKK/PYD existe en Syrie, ni ce pays ni notre région ne trouvera la paix."

Les YPG ("Yekîneyên Parastina Gel", "Unités de protection du peuple") et le PYD ("Partiya Yekîtiya Demokrat, "Parti de l'union démocratique" sont des branches syriennes respectivement militaire et politique du groupe terroriste PKK ("Partiya Karkerên Kurdistan" : "Parti des travailleurs du Kurdistan"). Le PKK est répertorié comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union Européenne. Au cours de sa campagne terroriste de plusieurs décennies contre la Turquie, le PKK a tué plus de 40 000 personnes sur le seul territoire turc, dont 7 000 civils.

Le Président turc a indiqué que "l'objectif final est de former un corridor de paix dans le nord de la Syrie, et d'empêcher que le pays ne soit divisé".

"Nous devons nous focaliser désormais sur le retour volontaire et sécurisé des Syriens à leur pays, a-t-il poursuivi. Nous voulons travailler avec la Russie, l'Iran et la communauté internationale, pour le retour volontaire des réfugiés syriens. Le corridor de paix à l'est de l'Euphrate sera un havre de paix pour les réfugiés. Nous estimons pouvoir installer deux millions de nos frères syriens dans cette région. Il est possible de construire de nouvelles zones résidentielles pour les Syriens qui y retourneront. La Turquie est prête à prendre toute responsabilité."

De plus, le Président turc a noté qu'ils sont convenus, avec ses homologues, "du lancement immédiat des travaux du comité constitutionnel syrien".

"Le comité constitutionnel syrien démarrera au travail rapidement à Genève, a-t-il fait savoir. Je peux dire qu'il n'y a quasiment plus d'obstacle."

 

Poutine : la situation dans la zone de désescalade à Idleb est inquiétante

"La situation dans la zone de désescalade à Idleb est inquiétante", a déclaré le Président russe, Vladimir Poutine.

Poutine a affirmé que "la situation dans la zone de désescalade à Idleb est inquiétante", précisant que "les groupes extrémistes sont devenus très actifs dans cette région".

Le Président russe a insisté que cette zone "ne doit pas être un refuge pour eux".

"Nous devons prendre des mesures supplémentaires pour éliminer complètement les menaces terroristes", a-t-il noté.

Il a ajouté que c'est le cas également dans le nord-est de la Syrie.

"Les problèmes sécuritaires dans cette région doivent être résolus en tenant compte de l'intégrité territoriale du pays, a-t-il poursuivi. Diviser a Syrie à des zones d'influence est inacceptable."

Par ailleurs, Poutine s'est félicité "de la stabilité et de la baisse du degré des violences en Syrie, grâce aux efforts conjoints".

Il a ajouté que "la Turquie, la Russie et l'Iran ont fondé les bases d'une solution durable en Syrie".

"Au terme du Congrès de dialogue national syrien organisé à Sotchi en 2018, le comité constitutionnel a été créé, a-t-il conclu. Ce comité doit démarrer ses travaux à Genève. La liste a été approuvée."

 

Poutine annonce l'approbation de la liste des membres du comité constitutionnel syrien

Le Président russe, Vladimir Poutine annonce l'approbation de la liste des membres du comité constitutionnel syrien.

"Au terme d'un travail minutieux, nos diplomates ont formé la liste des membres du comité constitutionnel syrien, a fait savoir Poutine. La liste a été approuvée. Les travaux doivent rapidement commencer à Genève. Nous sommes prêts à apporter toute contribution."

Le Président a ajouté que les experts russes, turcs, iraniens et des Nations unies (ONU), des représentants syriens et des pays observateurs se réuniront à Noursoultan le mois prochain, pour accélérer le dialogue politique.

Poutine a exprimé son inquiétude vis-à-vis de la situation à Idleb.

"Cette région est quasiment sous contrôle des groupes affiliés à l'al-Qaïda, a-t-il affirmé. Nous ne pouvons pas nous taire face à cela. Avec Erdogan et Rohani, nous sommes convenus d'entamer des démarches pour la désescalade à Idleb. Nous offrirons un soutien limité à l'armée syrienne pour éradiquer le terrorisme."

Poutine a, par ailleurs, défendu que la stabilité dans le nord-est de la Syrie n'est possible que par le contrôle du gouvernement syrien.

Il a ainsi conclu que la présence des forces américaines en Syrie était "illégitime", et qu'il attend à ce que le Président américain, Donald Trump mette en œuvre concrètement sa décision de retirer ses troupes de Syrie.

 

La Turquie, l'Iran et la Russie s'engagent à maintenir l'intégrité de la Syrie

La Turquie, l'Iran et la Russie s'engagent à maintenir l'intégrité de la Syrie et à respecter les principes de l'Organisation des Nations unies (ONU).

Ainsi, les leaders confirment "leur engagement à maintenir la souveraineté, l'indépendance, l'unité et l'intégrité territoriale de la Syrie ainsi qu'aux principes de l'ONU".

Dans ce cadre, les leaders notent qu'il faut respecter le droit international, y compris la résolution 497 du Conseil de sécurité de l'ONU, rejetant l'occupation du Golan syrien.

Les leaders "condamnent ainsi la décision américaine sur le Golan occupé qui relève d'une violation du droit international et menaçant la sécurité et la paix régionales".

En outre, les leaders ont rejeté toute tentative de former de nouvelles réalités sur le terrain syrien, sous prétexte de lutte antiterroriste, y compris les tentatives d'auto-administration illégitime.

Ils ont par ainsi exprimé leur détermination à lutter contre les plans séparatistes qui menacent la sécurité nationale des pays voisins de la Syrie.

Préoccupés par le risque de la montée de la tension dans la zone de désescalade à Idleb, les trois leaders sont convenus d'entamer des démarches concrètes face à cela.

Les leaders insistent en outre que la sécurité et la stabilité peuvent être assurées dans le nord-est de la Syrie, dans le respect à la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays.

"Il ne peut pas y avoir de solution militaire au différend syrien, et que la question peut être résolue uniquement sous l'égide des Syriens et de l'ONU, via les moyens politiques", lit-on dans la déclaration.

Saluant la création du comité constitutionnel syrien, les leaders sont "prêts à faciliter le démarrage de son travail à Genève".

Erdogan, Poutine et Rohani soulignent également le besoin d'intensifier l'aide humanitaire, appelant aussi la communauté internationale à "faire les contributions nécessaires pour la réinstallation des réfugiés syriens".

Les trois leaders sont convenus, sur l'invitation de Rohani, de tenir la prochaine réunion tripartite en Iran.

 

Erdogan invite à réfléchir sur la reconstruction du Yémen

Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a appelé à réfléchir sur la reconstruction du Yémen.

Le chef de l'État s'est exprimé lors du point de presse conjoint organisé au terme de la réunion tripartite avec ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani, lundi dans la capitale turque Ankara.

Après avoir abordé les questions sur la Syrie, Erdogan a déclaré qu'il faut "réfléchir sur les travaux pour la reconstruction du Yémen".

Il a insisté que "ce pays ne dispose pas d'une infrastructure qui lui permettra de se redresser tout seul".

Erdogan a également invité à se souvenir de la partie qui avait lancé les premières bombes sur le Yémen.

"Si on trouve la réponse, j'estime qu'on pourra déduire que l'affaire s'agit d'un acte de provocation", a-t-il noté.

 

Les Houthis menacent de mener de nouvelles attaques contre les sites d'Aramco

Les Houthis ont menacé aujourd'hui l’Arabie Saoudite d’attaquer une nouvelle fois le site pétrolier d’Aramco.

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Seri, a partagé, lundi sur Twitter, un message dans lequel il menace l’Arabie Saoudite d’attaquer à de nouvelles reprises le site du géant pétrolier Aramco.

Samedi, deux sites d’Aramco avaient été la cible d’attaques menées par des drones appartenant aux Houthis.

"Nous mettons en garde les sociétés et employés qui se trouvent sur le site d’Aramco : nous pouvons frapper à tout moment", a-t-il averti.

Yahya Seri a ajouté que les attaques de samedi avaient été perpétrées avec des drones armés de nouvelles générations.

Les Houthis avaient revendiqué les attaques de samedi contre les sites d’Aramco.

Les Houthis, contre qui la Coalition arabe dirigée par l’Arabie Saoudite se bat au Yémen, mènent régulièrement des attaques contre le territoire saoudien.

 

 

 

Ahmet Dursun, Emre Gürkan Abay, Ali Cura, Dmitri Chirciu, Hussein Mahmoud Ragab Elkabany, Safiye Karabacak, Mehmet Nuri Uçar, Tuncay Çakmak, Nur Asena GÜLSOY

 

 

 


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