Niger : opération «ville morte» à Diffa

Publié par Illa Kané, Lassaad Ben Ahmed le . Publié dans Actualité Afrique

En protestation contre les conséquences des mesures sécuritaires sensées mettre fin aux attaques de Boko Haram.

La population de Diffa, dans le sud-est du Niger, a entamé, lundi, une opération «ville morte», en vue de protester contre les conséquences de certaines mesures sécuritaires liées aux attaques de Boko Haram, ont rapporté des sources concordantes.

«Toutes les activités économiques sont bloquées lundi depuis le matin à Diffa, en raison de la ville morte», a rapporté la radio privée «Anfani».

Joint par Anadolu, le journaliste Lawan Boukar, correspondant local de la radio privée «Studio Kalangou» a indiqué que le mouvement a été «largement suivi», précisant que l’opération va se poursuivre mardi.

L’appel à l’opération «ville morte» a été lancé par des organisations de la société civile regroupées au sein d’un mouvement dénommé «Comité de veille citoyenne de la région de Diffa».

Dans une déclaration publiée dimanche, cette organisation a protesté contre une récente mesure des autorités régionales de Diffa, modifiant les horaires du couvre-feu suite aux dernières attaques de Boko Haram.

«Les mesures de restriction découlant de l’état d’urgence, notamment le couvre-feu nocturne et l’interdiction d’accès aux intrants agricoles n’ont pas permis de juguler la crise sécuritaire et humanitaire», a déploré l’organisation.

Au contraire, a-t-elle insisté, ces mesures ont contribué à «l’effritement du tissu socioéconomique et à accentuer la vulnérabilité des ménages de la région de Diffa».

Evoquant la résurgence des attaques de Boko Haram ces dernières semaines, les autorités régionales de Diffa ont décidé, le 12 avril dernier, d’élargir la durée du couvre-feu.

Depuis février 2015, suite aux premières attaques de Boko Haram, le gouvernement nigérien a instauré un état d’urgence dans la région de Diffa.

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette mesure, un couvre-feu nocturne a été décrété et d’autres mesures ont aussi été prises, dont celle interdisant la circulation sur les motos.

Depuis le début du mois de février dernier, des attaques attribuées à Boko Haram se sont multipliées à Diffa.

Dans un rapport publié début avril sur la situation sécuritaire dans la région de Diffa, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a dénombré, pour le seul mois de mars, "21 attaques contre des civils et les forces militaires enregistrées dans la région de Diffa en mars 2019, avec un bilan de 12 enlèvements et 88 morts parmi les civils".

Ces attaques ont provoqué le déplacement de quelque 18.480 personnes vers le centre de Diffa et d'autres grands villages jugés plus sûrs, selon la même source.

La région de Diffa, frontalière avec le Nigéria, est en proie depuis février 2012 aux attaques de Boko Haram.

En plus des opérations internes menées par son armée, le Niger participe à la force multinationale mixte de lutte contre Boko Haram, mise en place par les pays du Bassin du Lac Tchad (Cameroun, Niger, Nigeria et Tchad).

 

 

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


L'ACTUALITÉ LA PLUS LUE DE LA SEMAINE


Imprimer