Madagascar, tensions: Manifestation de journalistes contre le Code de la communication

Le Code de la communication qui contient plusieurs articles répressifs et des sanctions onéreuses, selon les journalistes, est jugé particulièrement "liberticide".

AA/Antananarivo/Sandra Rabearisoa - La tension était palpable, mardi, à Antananarivo, capitale de Madagascar, où plus d’une centaine de journalistes ont manifesté contre l’adoption récente du Code de la communication jugé «liberticide», a rapporté le correspondant de Anadolu.

Le Code de la communication qui a été voté jeudi 7 juillet par 80 députés, prévoit de nombreux articles répressifs et plusieurs sanctions onéreuses- dont, une amende pouvant aller jusqu’à 30 000 euros s'il y a «injure ou diffamation commise envers les représentants de l’Etat»- dénonce la presse malgache.

Une centaine de journalistes, soutenus par des citoyens et membres de la société civile se sont donc donnés rendez-vous à Ankorondrano, dans la capitale malgache, afin d’«enterrer la liberté d’expression», selon le mot d’ordre lancé par les initiateurs du mouvement.

La marche qui devait se terminer au centre-ville, devant la stèle de l’Ordre des journalistes considérée comme un symbole de la liberté de la presse, n’a finalement pas pu aboutir, selon des témoins oculaires.

Bloqués par des barrages formés par des éléments lourdement armés des forces de sécurité, les journalistes et les citoyens qui ont rejoint le mouvement ont décidé de rebrousser chemin.

«La manifestation devait être calme et pacifique mais des tensions se font faites ressentir», commente Fetra Rakotondrasoa, journaliste et un des principaux leaders du mouvement qui précise à Anadolu «qu’il s’en est fallu de peu pour que des affrontements éclatent». 

Aucun blessé ni aucune arrestation n'ont toutefois été enregistré.

Profitant de la tenue de la 42ème session de l’Assemblée Parlementaire Francophone (APF)  qui a débuté lundi  à Antananarivo,  les journalistes malgaches ont adressé une lettre ouverte commune aux membres de l’APF dans laquelle ils décrivent «une loi qui, en violant ouvertement l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme (Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression), constitue un grand bond en arrière pour la démocratie à Madagascar ».

L’Union internationale de la Presse Francophone (UPF) et Reporters sans frontières (RSF) se sont unis d’une même voix pour, eux aussi, pour contester l’adoption par le Parlement malgache du Code de la communication. Les deux entités ont appelé, le 8 juillet dernier, dans un communiqué dont Anadolu a reçu copie, «le Gouvernement et l’Assemblée Nationale à faire machine arrière».

«Nous redoutons une tentative de musellement de la presse par le régime à travers l’adoption expéditive de cette loi par les deux chambres du parlement à l’approche de l’échéance prévue pour l’élection présidentielle de 2018», a commenté Rakotondrasoa.

Dans une déclaration rendue publique, mardi soir, les journalistes malgaches ont annoncé qu'ils "poursuivraient leurs revendications". Le gouvernement, n'a, pour sa part, fait aucune déclaration jusqu'à 20h30 GMT.

 

Madagascar

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