Liban : les manifestations entrent dans leur septième jour avec des appels à une grève générale

Publié par Mourad Belhaj le . Publié dans Actualité Moyen-Orient

Le patriarche Bechara Boutros Al-Rahi déclare que "les gens ont perdu confiance dans les responsables politiques"

 

Les manifestations populaires au Liban viennent de boucler leur première semaine, alors que les manifestants réclament toujours le départ de toute la classe politique dirigeante, malgré un ensemble de réformes approuvé par le gouvernement.

Le gouvernement libanais, dirigé par Saad Hariri, a adopté, lundi, une série de réformes en approuvant le budget 2020 avec un déficit de 0,6% et ne prévoyant aucune nouvelle taxe.

La salle de contrôle du trafic routier a annoncé, mercredi matin, que de nombreuses routes du pays avaient été bloquées, notamment dans la ville de Tripoli et dans la région de Jounieh, au nord-ouest de la capitale Beyrouth, en plus de l’entrée sud de Beyrouth.

Les routes des districts du Mont-Liban dans le Chouf et du Metn et celles de Zahlé dans la Bekaa sont toujours bloquées.

Des activistes ont appelé les Libanais à participer, mercredi, à la grève générale et à descendre dans la rue pour faire pression sur les principales personnalités politiques.

Dans un contexte connexe, les médias locaux ont rapporté que le patriarche maronite, le cardinal Mar Bechara Boutros Al-Rahi, avait exprimé son amertume quant à ce qui se passe dans le pays, et cela devant la réunion extraordinaire du Conseil des patriarches et des évêques catholiques du Liban.

"Les gens ne font plus confiance aux responsables politiques et nous ne pouvons pas les décevoir, a-t-il affirmé. Nous nous réunissons aujourd'hui pour nous adresser à eux, afin d’étudier la situation ensemble dans le cadre d'une feuille de route élaborée au cours des deux derniers jours."

Le patriarche Al-Rahi avait invité le Conseil des patriarches et évêques catholiques du Liban à Bkirki, pour participer à une réunion extraordinaire et discuter des manifestations en cours dans le pays.

 

 

Liban : affrontements entre des manifestants et l'armée qui a tenté d'ouvrir la route par la force

Des affrontements ont éclaté, mercredi, entre l'armée libanaise et des manifestants qui ont tenté d'ouvrir des routes bloquées dans plusieurs zones de la capitale Beyrouth, ainsi qu’à Sidon, dans le sud du pays, selon les médias locaux.

Selon les médias locaux, l'armée libanaise a utilisé la force, mercredi, pour ouvrir les routes coupées dans plusieurs zones libanaises, dont Nahr al-Kalb, Jal el Dib et Zouk Mosbeh, au nord de Beyrouth.

Zouk Mosbeh qui est le théâtre de tensions entre l'armée libanaise et les manifestants, après qu'ils aient coupé la route en s'étendant sur le sol, insistant que leurs mouvements pacifiques se poursuivront jusqu'à ce que leurs demandes soient satisfaites.

L'agence de presse officielle, NNA a rapporté que deux personnes avaient été blessées lors une échauffourée entre des commandos de l'armée libanaise et des manifestants, dans la région de Jal el Dib, au nord de Beyrouth.

La même source a ajouté que les manifestants étaient scandalisés, en particulier après que l'armée eut demandé aux médias de cesser de diffuser en direct et de ne pas photographier les affrontements avec les manifestants à Nahr al-Kalb.

L'armée libanaise a arrêté un citoyen de la région de Nahr al-Kalb qui avait tenté d'empêcher la réouverture de la route.

Encore selon la NNA, des escarmouches ont eu lieu ce matin, entre les manifestants et l'armée libanaise, sur la route maritime menant à la ville de Sidon, dans le sud du pays, près du stade municipal, après que l'armée eut tenté d'ouvrir la route, ce qui a fait deux blessés.

Le nombre de manifestants dans le sud de Tyr est toujours limité au nombre de personnes qui ont passé la nuit dans deux tentes construites à cet endroit, alors que de jeunes hommes coupaient, depuis le matin, plusieurs routes que l'armée libanaise a finalement rouvertes.

L'armée et les forces de sécurité libanaises se sont beaucoup mobilisées autour du bâtiment de la Banque du Liban à Tyr, dans le sud du pays, après que les protestataires aient décidé de manifester devant la banque.

Les gens ont commencé à descendre en grand nombre dans la rue, pour empêcher la tentative de réprimer les manifestations, ont rapporté les médias locaux.

L’agence officielle a également annoncé que le chef du parti des Phalanges libanaises, le député Sami Gemayel, s’était joint aux manifestants qui se sont étendus sur le sol à Jal el Dib, au nord de Beyrouth, pour empêcher la réouverture de la route après une échauffourée avec l’armée.

 

 

Raya Shartouni, Mourad Belhaj

 

 

 


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