Le Premier ministre libanais Saad Hariri en visite en Turquie aujourd'hui

Le Premier ministre libanais Saad Hariri en visite en Turquie aujourd'hui

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, se rend en Turquie le 30 janvier pour une visite officielle de deux jours, selon une source du Cabinet du Premier ministre turc.

La visite de M. Hariri en Turquie intervient après qu'il a accepté l'invitation du Premier ministre Binali Yıldırım, a indiqué la source, qui a parlé sous couvert d'anonymat en raison des restrictions imposées aux médias.

Les rencontres avec M. Hariri porteront sur les relations turquo-libanaises ainsi que sur les questions régionales et bilatérales, a ajouté la source.

Saad Hariri, fils de l'ex-premier ministre libanais assassiné le 14 février 2005, Rafik Hariri, avait fait parler de lui, l'année dernière avec sa déclaration télévisée de démission de son poste de premier ministre  depuis le Palais royal saoudien Al Yamamah à Riyad. Cet acte avait été interprété par divers media ainsi que par une partie du gouvernement libanais de coalition comme réalisé sous la pression du Prince-héritier saoudien Mohammed Bin Salmane, fils du roi Salmane bin Abdulaziz et homme fort du royaume. Le président du Hezbollah Hassan Nasrallah tout comme le président libanais Michel Aoun avaient considéré cette déclaration comme nulle et non avenue. Ils avaient signalé qu'ils attendaient le retour au Liban de Saad Hariri pour qu'il confirme en personne sa démission depuis Beyrouth, tout en exprimant leur soutien à Hariri face à la dénoncée pression saoudienne.

Le président français Emmanuel Macron est considéré par divers media comme étant la personne ayant dénoué cette crise de gouvernance libanaise et d'ingérence saoudienne comme ce fut ressenti par la majorité des Libanais. Macron avait, semble-t-il, aidé l'Arabie Saoudite à sauver la face en accueillant Hariri en France et évitant ainsi son retour direct au pays.

En effet, la pression populaire et politique libanaise, et surtout les soutiens étrangers de la famille Hariri et du Liban avaient probablement poussé le royaume saoudien a reculer sur le dossier.

Hariri, qui est aussi de nationalité saoudienne avait, peu de temps après son retour au Liban, renoncé à démissionner.

L'Arabie Saoudite, en perte d'influence dans sa région, considère le Hezbollah comme un groupe terroriste contrôlé directement par le Guide Suprême iranien l'Ayatollah Khamenei. L'alliance gouvernementale sunnite-chiite Nasrallah-Hariri déplait fortement aux autorités saoudiennes qui voit dans le groupe politique armé Hezbollah un grand danger pour sa sécurité. Elle considère le Hezbollah comme une organisation qui vise, pour les intérêts iraniens, à encercler l'Arabie Saoudite, notamment par le Sud avec son présumé soutien aux milices houthies au Yemen, et par le Nord avec sa puissance renforcée au Liban par cette alliance politique, et sa présence confirmée en Syrie. L'Arabie Saoudite et son actuel plus proche allié du Golfe, les Émirats Arabes Unis expriment régulièrement leurs craintes face à une "menace impéraliste iranienne".

Ils considèrent par ailleurs les Unités de Mobilisation Populaires en Irak (Hachd Al Chaabi, milices chiites ayant combattu Daech et depuis, officiellement intégrées dans l'Arméee irakienne) comme des factions soutenues et formées par la Garde Révolutionnaire iranienne.

La Turquie coopère avec l'Iran en Syrie et en Irak pour renforcer la relation turquo-iranienne et stabiliser la région, et continue d'entretenir des relations amicales avec l'Arabie Saoudite malgré les divergences d'intérêts entre les deux pays, notamment concernant le Qatar dans la crise qui l'oppose en particulier aux Émirats Arabes Unis et à l'Arabie Saoudite, et sur le soutien turc et qatari au mouvement politico-religieux des Frères Musulmans.

La Turquie a par ailleurs besoin des investissements directs des pays du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar, Koweït, Émirats Arabes Unis) pour solidifier sa croissance. Les investisseurs de ces pays accordent un intérêt particulier à la Turquie, notamment dans les secteurs financiers (finance islamique), touristiques et immobiliers.

La Turquie et le Liban entretiennent des relations amicales depuis de nombreuses années. Peu avant la dévastatrice guerre de Syrie, la Turquie, la Syrie, la Jordanie et le Liban avaient signé un accord pour la création d'une zone exclusive de libre-échange couvrant les quatres pays.

Alors que les échanges commerciaux entre la Turquie et le Liban avaient doublé entre 2007 et 2011 dépassant le milliard de dollars, ils ont, depuis, stagné voire légèrement reculé aux alentours de 900 millions de dollars avec un excédent d'environ 500 millions de dollars pour la Turquie en 2016.

Les citoyens turcs et libanais peuvent voyager d'un pays à l'autre sans visa, suite à la signature d'un accord bilatéral en 2010.

 

 
 
 

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